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Quelles sont les conditions de travail réelles dans la vie musicale suisse ?

  • il y a 3 heures
  • 2 min de lecture

C’est à cette question qu’était consacrée la dernière manifestation de midi du Groupe parlementaire Musique (GPM) au Palais fédéral. Des représentantes et représentants du monde politique, des associations professionnelles, de l’encouragement culturel et de la pratique musicale y ont débattu de la protection sociale, des cachets minimaux et des risques professionnels auxquels sont confrontées les musiciennes et musiciens.


Les différentes interventions l’ont montré avec force : il ne s’agit plus uniquement d’une question de politique culturelle, mais aussi de politique sociale, économique et du marché du travail. La musique professionnelle est un travail – et tout travail mérite des conditions-cadres fiables.


Michael Kaufmann (SONART) a présenté les recommandations tarifaires de la branche, devenues un instrument essentiel pour soutenir des négociations équitables. Pourtant, l’écart entre les objectifs affichés et la réalité reste important : de nombreuses musiciennes et de nombreux musiciens professionnels continuent d’exercer leur métier dans des conditions précaires.


Diego Dahinden (PETZI) a rappelé qu’il ne peut y avoir de rémunérations équitables sans financement adéquat. Les clubs et festivals font face à une forte pression économique, et imposer des standards plus élevés sans moyens supplémentaires ne ferait que déplacer la précarité à l’intérieur du système. Un constat s’est imposé : le problème n’est pas le manque de public, mais une faiblesse structurelle du financement.


Franziska Burkhardt (Ville de Berne) a montré, à travers l’exemple bernois, qu’il est possible de lier les soutiens publics au respect de recommandations en matière de rémunération. Mais cette évolution ne peut réussir que si les pouvoirs publics sont prêts à mettre les ressources nécessaires à disposition et à accompagner activement cette transition.



L’intervention de Muriel Noble (Union suisse des artistes musiciens – SMV) a été particulièrement marquante. Elle a rappelé les conséquences parfois existentielles que peuvent avoir une maladie, une grossesse ou l’annulation d’engagements pour les musiciennes et musiciens indépendants. En Suisse, fonder une famille reste souvent un défi financier et professionnel pour celles et ceux qui vivent d’une activité musicale intermittente.



En conclusion, les participantes et participants ont été invités à partager leur point de vue au moyen d’un sondage interactif. Le résultat est sans équivoque : les leviers jugés les plus efficaces pour améliorer durablement les conditions de travail sont un renforcement du soutien public à la culture (4,3 sur 5) et une meilleure protection sociale des artistes (4,0). Les cachets minimaux et le conditionnement des aides publiques au respect de rémunérations équitables recueillent eux aussi un soutien marqué.



Cette rencontre l’a démontré : les conditions de travail dans le secteur musical ne sont pas une préoccupation corporatiste. Elles touchent à l’avenir d’un écosystème culturel essentiel à la cohésion sociale, à la créativité et à l’attractivité de notre pays. Si nous voulons préserver la qualité et la diversité de la vie musicale suisse, nous devons aussi nous intéresser aux conditions dans lesquelles cette musique est créée.


Un grand merci à Ueli Schmezer pour la conduite de cette rencontre, ainsi qu’à l’ensemble des intervenantes, intervenants et participantes et participants pour la richesse des échanges. Toutes les contributions peuvent être consultées sur le site web du Conseil suisse de la musique. Le Groupe parlementaire Musique poursuivra ce dialogue entre le monde politique et le monde musical : la prochaine manifestation de midi aura lieu le 16 septembre 2026.

 
 
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